
Longtemps perçue comme une promesse de reconnaissance et d’ascension sociale, la fonction managériale peine aujourd’hui à faire rêver. Les Anglo-Saxons, toujours friands de conceptualisation, parlent même du phénomène du « unbossing », soit une forme de rejet du costume étroit et traditionnel de l’encadrant à la française.
Le profil type de ce dernier : stressé, voire au bord du burn-out, éloigné du terrain et bouc émissaire idéal pour les professionnels qu’il encadre. Pris en étau entre des injonctions parfois contradictoires, il est tour à tour attendu comme relais de décisions, porteur de sens, soutien des équipes… ou encore, trop souvent, simple « fusible ». À ces tensions s’ajoutent des modes de communication de plus en plus distanciés et des marges de manœuvre limitées, qui complexifient encore l’exercice du rôle.
Une place peu enviable, en somme. Inutile d’énumérer davantage les paradoxes auxquels sont confrontés ces encadrants : leur réalité, largement relayée dans le débat public, témoigne d’une fonction devenue parfois trop exigeante au regard des ressources dont ils disposent.
Pourtant, les caractéristiques des formes d’encadrement qui contribuent à la qualité de vie et des conditions de travail sont aujourd’hui mieux connues : un management soucieux du développement des personnes au travail, participatif, stimulant les collectifs professionnels, à l’écoute des réalités de terrain et en soutien du travail de toutes et tous. Dans un même mouvement, un encadrant à l’aise dans sa posture, aligné avec ses marges de manœuvre et veillant à son propre bien-être ne peut que stimuler l’engagement au sein de son équipe.
Cependant, le changement de logiciel tarde, tant les pratiques managériales traditionnelles, verticales et désuètes restent privilégiées au sein des organisations. Alors même que les indicateurs de turnover ou d’absentéisme se dégradent, les directions restent timides.
La thématique 2026 de la semaine de la QVCT « Manager, c’est tout un travail » fait écho à cette tension au sein des organisations. Comment avancer sur cette question, aller au-delà du discours ?
Quelques pistes, qui deviennent des prérequis pour engager durablement les équipes :
Organiser un débat mouvant.
Retrouvez le kit d'animation 2026 sur le kit de l'ANACT.
Cette animation peut être organisée avec un groupe aux profils mixtes ou un groupe de manageurs.
Une telle animation doit s’inscrire dans une dynamique interne favorable au dialogue sur la question du management. Il s’agira également de poser comme règle que les contributions ne doivent pas mettre en cause des personnes.
Le principe
C’est une modalité qui permet de partager les points de vue, d’argumenter, de convaincre ou de se laisser convaincre... À tester pour ouvrir la discussion sur le management et ses liens avec la QVCT.
Cette série d’affirmations est diffusée sur PowerPoint ou énoncée une à une par l’animateur.
"Savoir manager, ça coule de source".
"Le management, ça s’apprend"
"Manager, c’est d’abord fixer des objectifs, suivre leur mise en œuvre et rendre des comptes.
"Manager, c’est surtout gérer des personnes"
"Manager, ça ne fait plus rêver".
Les salariés se déplacent :
- à droite : les personnes d’accord avec l’affirmation énoncée ;
- à gauche : les personnes qui ne partagent pas cet avis.
Une fois les déplacements réalisés, une des personnes du groupe minoritaire expose ses arguments en faveur / défaveur de l’affirmation. Puis une des personnes du groupe adverse expose ses arguments. Plusieurs tours de parole sont proposés si nécessaire. Les participants peuvent passer d’un groupe à l’autre à leur guise, en fonction des arguments avancés.
5 à 10 min avant la fin du temps imparti, l’animateur réalise une synthèse de ce qu’est la Qualité de vie et des conditions de travail du point de vue du collectif.
L’équipe WTW est à disposition afin de vous accompagner sur l’animation de cette séquence, cette dernière n’étant pas forcément circonscrite à la semaine de la Qualité de vie et des conditions de travail. Elle permet une première amorce de réflexion sur le sujet et peut s’inscrire dans un dispositif plus global afin de faire évoluer les pratiques d’encadrement au sein de la structure.
Face aux nouveaux défis posés par le monde du travail (usure professionnelle, quête de sens, augmentation des risques psychosociaux et de l’absentéisme), la culture de l’encadrement en France se voit fortement invitée à évoluer. La thématique choisie par l’ANACT cette année pour la prise de parole lors de la semaine de la QVCT va dans ce sens : elle propose aux organisations de réfléchir à leurs pratiques managériales afin que ces dernières contribuent à une meilleure qualité de vie et des conditions de travail.
De la semaine QVCT à vos enjeux de fond en matière de bien-être au travail, nos équipes sont à vos côtés pour faire évoluer durablement vos pratiques.

