En 2025, les entreprises ont piloté la rémunération fixe dans un cadre très contraint : tensions ciblées sur les compétences critiques, mais aussi disciplines budgétaires généralisées. Les analyses que nous avons menées reposent sur un panel constant d'entreprises, ce qui nous a permis d’isoler les dynamiques réelles du marché.
Premier constat, les salariés présents en 2024 et en 2025 ont bénéficié d'une augmentation médiane de 3,2%. Ce chiffre traduit une priorité claire donnée à la fidélisation des talents en poste.
Deuxième constat plus structurant, lorsqu'on intègre l'ensemble des mouvements, c'est à dire les entrées, les sorties, les promotions, l'évolution médiane des salaires de base sur le marché n'est plus que de 2,3%.
L'écart entre ces deux chiffres -0,9 points liés à l'effet de noria révèle une dissociation croissante entre politique salariale interne et dynamique externe du marché.
En résumé, en 2025, les entreprises ont investi sur l'interne sans pour autant laisser dériver la structure globale des coûts salariaux.
Derrière la moyenne marché se cache une allocation très différenciée des ressources. Les hausses les plus marquées concernent les métiers à forte valeur stratégique, plus de 5% pour les profils liés à l'intelligence artificielle, près de 4% en cybersécurité et également près de 4% pour les fonctions commerciales.
À l'inverse, les jeunes diplômés se situent autour de 2,5%, signe d'un rééquilibrage progressif entre l'offre et la demande sur cette catégorie. Sur la rémunération variable, les entreprises ont adopté une posture prudente. La rémunération variable individuelle est quasi stable, près de 1% par rapport à l'an dernier, avec une contraction notable sur les fonctions commerciales de l'ordre de -8%, en lien direct avec un contexte de performance plus dégradé. La rémunération variable collective progresse de +8%, principalement portée par l'intéressement, confirmant son rôle d'outil d'ajustement macro et de partage du risque.
En 2025, les entreprises ont trouvé un équilibre. Elles ont reconnu les compétences critiques, maîtrisées les coûts et misé sur des leviers collectifs pour maintenir l'engagement dans un contexte incertain. Pour cette année, la prudence reste de mise, mais avec une orientation claire vers la performance. Les projections annoncent des budgets d'augmentation autour de 3% en médiane.