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Quand l’architecture rencontre la réalité opérationnelle

Pay Transparency dans le secteur des services financiers

20 Avril 2026

Banques et assureurs face aux nouvelles zones de tension RH

À mesure que la directive européenne se rapproche de sa mise en œuvre, une autre réalité s’impose : celle des arbitrages opérationnels.

Ce déplacement du débat change la nature du risque : il ne s’agit plus seulement d’un enjeu réglementaire, mais d’un enjeu de gestion quotidienne.

Le droit à l’information: un changement de paradigme

Le droit pour les salariés d’accéder à des informations sur leur rémunération et celle de leurs pairs constitue l’un des changements majeurs introduits par la directive et soulève immédiatement des questions concrètes :

  • Quelles composantes des packages de rémunération et d’avantages retenir ? Comment évaluer certains éléments non monétaires des packages ?
  • Comment intégrer toute la rémunération variable ?
  • Quelle année de référence retenir ?
  • Quels éléments communiquer ? à quelle fréquence? qui impliquer ?

Les échanges montrent que ces points sont très sensibles, notamment dans les organisations bancaires au sein desquelles les bonus différés et les mécanismes pluriannuels de rétribution et de rétention occupent un rôle central et prépondérant dans les packages de rémunération.

Rémunération variable: l’angle mort de nombreux dispositifs

Si les politiques de rémunération variable sont historiquement très structurées dans la banque et l’assurance, elles sont rarement conçues pour être expliquées au prisme de la transparence des rémunérations. C’est notamment le cas pour les politiques de bonus discrétionnaires.

Les rémunérations variables sont des éléments prépondérants dans les politiques de rémunération des acteurs des services financiers, mais pour une grande partie des activités, notamment les plus rémunératrices, les variables ont un fort caractère discrétionnaire qui ne va pas dans le sens de la directive qui impose un changement de posture de la part des entreprises :

  • expliciter les critères d’éligibilité,
  • clarifier les logiques d’attribution,
  • rendre lisibles des dispositifs parfois perçus comme opaques.

Dans le secteur des services financiers, où la part variable peut représenter un levier majeur d’attractivité, de rétention et de différenciation, la transparence agit ici comme un révélateur de cohérence, ou d’incohérence, des pratiques existantes.

Fourchettes salariales: un effet miroir entre externe et interne

L’obligation de communiquer des fourchettes de rémunération à l’embauche est souvent perçue comme un sujet de recrutement. En réalité, son impact dépasse largement le périmètre des candidats.

Au sein des banques et des assureurs, une conviction émerge : tout ce qui est visible à l’externe devient, de facto, un point de comparaison en interne.

Dès lors, la question n’est plus seulement de publier une fourchette, mais de s’assurer que :

  • le positionnement des salariés est cohérent,
  • les règles de progression sont explicables,
  • les écarts sont objectivement justifiables.

Données et référentiels: le nerf de la guerre

La transparence salariale repose également sur l’accessibilité des données. Or, dans de nombreuses organisations financières, les sources restent fragmentées :

  • systèmes d’information RH,
  • outils de paie,
  • dispositifs spécifiques pour certaines populations.

Aligner les référentiels, fiabiliser les données et garantir leur traçabilité représentent un chantier souvent sous-estimé, d’autant que la question n’est pas uniquement la qualité de la donnée à un instant donné, mais sa cohérence dans le temps, notamment avec les mécanismes de variables différés.

Pourtant, sans cette base, la transparence risque de devenir un exercice fragile, voire contre productif.

Communication et gouvernance: un facteur clé de succès

Enfin, les entreprises des services financiers soulignent toute l’importance de la gouvernance. Managers, partenaires sociaux, salariés : la transparence salariale introduit un nouveau dialogue, qui ne peut être improvisé.

Porter l’ambition au plus haut niveau, former les managers, cadrer les messages, rendre l’information simple et compréhensible pour les salariés, structurer les processus de décision : autant de conditions nécessaires pour éviter que la transparence ne génère incompréhension ou défiance.

Le point de vue WTW

Dans la banque et l’assurance, la réussite de la transparence salariale ne repose pas uniquement sur la conformité et le reporting. Elle dépend de la capacité des entreprises à piloter, expliquer et assumer leur politique de rémunération. La transparence ne cherche pas à rigidifier les systèmes. Elle oblige surtout à les rendre plus cohérents, plus lisibles et plus crédibles pour assurer l’équité sur le long terme.

Contacts

Laura Grouberman, Senior Director, Work & Rewards - Europe Pay Equity Lead

Laura Grouberman

Senior Director, Work & Rewards - Europe Pay Equity Lead

Khalil Aït-Mouloud, Managing Director, Work & Rewards

Khalil Aït-Mouloud

Managing Director, Work & Rewards

Gerald Joliy

Gérald Joliy

Managing Director, Work & Rewards