LA DÉFENSE, le 30 janvier 2026 – Après plusieurs années de ralentissement post pandémie, la mobilité internationale connaît un regain marqué. Les entreprises anticipent une sensible augmentation de leurs collaborateurs en mobilité, alors même qu’elles doivent composer avec des contraintes budgétaires et des risques géopolitiques en hausse. C’est ce que révèle la dernière enquête de WTW sur les tendances de la mobilité internationale.
Un retour confirmé de la mobilité… et des exigences de flexibilité
Pour la première fois depuis 2020, les directions RH prévoient une augmentation des départs à l’étranger : 23 % des entreprises interrogées annoncent une croissance de leur population internationale dans les douze prochains mois.
Les principaux objectifs des stratégies de mobilité internationale mises en place par les entreprises sont la croissance commerciale (65 %), le transfert de compétences (61 %) et le développement des talents (60 %).
Cette dynamique s’accompagne d’une complexité réglementaire croissante, poussant les employeurs à offrir davantage de flexibilité pour attirer et retenir les talents, tout en respectant des législations locales de plus en plus strictes.
Protection sociale et « Duty of Care » : une responsabilité élargie
L’enquête souligne une évolution majeure de la philosophie des entreprises : la protection sociale ne s’adresse plus uniquement aux expatriés « classiques », mais s’étend désormais à toutes les populations mobiles.
93 % des entreprises proposent ou prévoient de proposer des avantages en matière de soins de santé à leurs expatriés en mission internationale, et si ce chiffre diminue pour les autres populations mobiles (expatriés localisés, télétravailleurs permanents, expatriés virtuels…), elles sont désormais prises en compte dans les stratégies en matière de protection sociale.
Le « Duty of Care » de l’employeur devient une obligation renforcée. Il ne s'agit plus seulement de couvrir les frais de santé, mais de garantir la sécurité globale des collaborateurs face aux instabilités géopolitiques, sanitaires et climatiques.
Le bien-être au cœur de la stratégie
Dans un environnement instable, les priorités évoluent. Les entreprises placent désormais en tête des préoccupations des expatriés, le bien-être, qu’il soit physique (49 %), mental (12 %) ou financier (11 %).
Et dans un contexte marqué par une instabilité croissante, le renforcement des dispositifs de gestion des risques devient un enjeu central : évacuation médicale et rapatriement (15 %) ; services d’évacuation et d’assistance en cas de risques politiques, sécuritaires ou de catastrophes naturelles (8 %) et planification et gestion des crises et catastrophes (5 %).
Maîtriser les coûts face à l'inflation médicale
L’élargissement des populations et l’évolution des pratiques génèrent mécaniquement des coûts supplémentaires. L’enquête pointe un double impératif pour les entreprises :
- Anticiper l’impact de l’inflation médicale.
La progression continue des coûts de santé à l’échelle mondiale se répercute directement sur les primes d’assurance santé internationale, rendant indispensable une vigilance accrue pour contenir cette dérive. - Stabiliser les budgets grâce à des choix plus ciblés.
Face à des réglementations locales hétérogènes et parfois complexes, les entreprises renforcent leurs arbitrages. Nombre d’entre elles réévaluent leurs dispositifs actuels (17 %) ou explorent de nouvelles configurations (9 %) afin d’optimiser leurs dépenses tout en préservant la qualité de couverture offerte aux collaborateurs.