LA DÉFENSE, le 8 janvier 2026 – L'édition de janvier 2026 de l’enquête Salary Budget Planning de WTW confirme un tournant structurel dans les politiques de rémunération. Après plusieurs années de hausses quasi-mécaniques liées notamment à l'inflation, les entreprises entrent dans une phase de maturité où l'arbitrage stratégique prime sur le volume global.
- Après le cycle d'inflation exceptionnelle (2022-2024), les budgets se normalisent.
- En France, les prévisions médianes s'établissent à 3,1 % pour 2026, mais tombent à 2 % pour les entreprises dont le siège est dans l'Hexagone.
- Seules 29 % des entreprises envisagent encore des augmentations générales (vs. 61 % en 2025), au profit d'une individualisation quasi systématique.
- Près de 46 % des entreprises prévoient de consacrer une part de leur enveloppe à des ajustements d'équité interne, notamment de rattrapage des écarts entre femmes et hommes non justifiés par des critères objectifs, contre 40 % l'année précédente.
Une normalisation confirmée des budgets
La trajectoire de stabilisation amorcée dès l'été 2025 se confirme. Pour 2026, les augmentations salariales médianes s'établissent à 3,1 % en France, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne européenne (3,2 %) et mondiale (3,4 %). À titre de comparaison, les augmentations salariales prévues, sont de 3,5 % aux États-Unis et au Royaume-Uni et de 3,4 % en Allemagne et au Canada.
Après les niveaux exceptionnellement élevés de 2022 à 2024, les budgets d’augmentations salariales se stabilisent en 2026.
Toutefois, une analyse plus fine révèle une spécificité française : pour les entreprises dont le siège est situé en France, les prévisions tombent à 2 % (contre 2,2 % en 2025). Ce différentiel souligne la prudence accrue des groupes nationaux face à une croissance modérée et une pression persistante sur les coûts. Ces entreprises mettant par ailleurs l’accent également sur les périphériques non monétaires de rétribution dans leurs politiques globales par rapport aux filiales de groupes étrangers opérant en France.
Fin des augmentations générales et retour au mérite
Le changement le plus marquant concerne la structure et la philosophie même des augmentations salariales. En 2026, la rémunération redevient un outil de pilotage de la performance, avec l’individuel qui devient la norme au profit d’un déclin du collectif. Dans les chiffres, 100 % des entreprises prévoyant des augmentations salariales qui s'appuieront sur des critères individuels (mérite, promotion), alors que seules 29 % des entreprises prévoient encore des augmentations générales, contre 61 % en 2025.
Cette évolution marque un changement profond dans les politiques de rémunération. Les augmentations générales, largement mobilisées ces dernières années, reculent au profit de mécanismes d’individualisation fondés sur la performance et les situations spécifiques.
Symbole de cette tendance, les salariés affichant une performance exceptionnelle pourraient bénéficier de hausses allant jusqu'à 4,9 %, marquant une volonté claire de différencier les talents clés dans un marché de l'emploi stabilisé mais sélectif.
Les écarts sectoriels seront très faibles en 2026
En 2026, les écarts sectoriels restent contenus :
- 3,2 % : Énergie, Pharmaceutique, Chimie, Industrie et Technologies.
- 3 % : Services financiers, Distribution/Luxe, Transports.
Les arbitrages ne se font plus principalement entre secteurs, mais se déplacent désormais au cœur des entreprises, en faveur des métiers en tension, de leur exposition à la transformation numérique, IA et cybersécurité en tête, et des salariés avec des compétences critiques ou rares ou à fort potentiel.