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Compte Epargne Temps : les essentiels à maîtriser

16 Décembre 2025

Découvrez comment maîtriser le Compte Épargne Temps (CET) pour créer un accord flexible et sécurisé, adapté aux enjeux RH actuels.
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Créé par la loi du 25 juillet 1994, le Compte Épargne Temps (CET) est un dispositif conçu pour offrir davantage de souplesse dans la gestion des congés, permettant aux salariés d’épargner des jours de repos non pris afin de les utiliser ultérieurement. Près de 30 ans plus tard, le CET demeure un outil stratégique, en phase avec les nouveaux enjeux du paysage professionnel : réforme des retraites, recherche de qualité de vie au travail, aspiration à plus de flexibilité…

Dans ce contexte en pleine évolution, comment tirer pleinement parti du CET et sécuriser sa mise en œuvre dans votre entreprise ? Quels sont les points clés à maîtriser pour construire un accord efficace et adapté aussi bien aux besoins des salariés que de l'employeur ?

  1. 01

    Comprendre le CET dans le secteur privé : les bases à connaître

    • Mettre en place un CET : ce qu'il faut savoir

    Le CET permet aux salariés d’une entreprise de stocker des périodes de congés ou de repos non prises, ainsi que certains types de rémunérations selon les modalités définies par la convention ou l'accord collectif qui l'a mis en place. Les droits accumulés peuvent ensuite être utilisés sous forme de congés payés ou de rémunérations, soit immédiatement, soit en différé.

    La mise en place d’un CET se fait à la discrétion de l’employer et n’est pas une obligation légale.

    Ce dispositif peut être mis en place par une convention ou un accord d'entreprise ou d'établissement ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche.

    Le contenu de l’accord ou de la convention est élaboré conjointement par l’employeur et les partenaires sociaux et doit préciser :

    1. Les plafonds et conditions d’alimentation du CET, en temps ou en argent, à l’initiative du salarié ou de l’employeur
    2. Les modalités de gestion du CET au sein de l’entreprise
    3. Les règles d’utilisation, de liquidation et de transfert des droits en cas de changement d’employeur

    Côté salarié, l'alimentation et l'utilisation du CET est facultative : il y dépose des droits uniquement s’il le souhaite.

    Il est toutefois essentiel qu’il puisse accéder facilement aux conventions et accords qui en fixent les règles.

    • Alimenter un CET : optimiser la constitution des droits

    Le fonctionnement d’un CET diffère d’une entreprise à une autre, selon les règles prévues par l’accord ou la convention qui l’instaure. Les droits que le salarié y affecte peuvent prendre plusieurs formes (jours de congés non pris, primes, indemnités, …) en fonction de ce que prévoit cet accord ou cette convention.

    Exemple de droits qui peuvent être affectés sur le CET

    À l'initiative des salariés

    Selon l'accord CET
    En temps En argent
    5ème semaine de congés annuels Primes d’épargne salariale et retraite (Intéressement et Participation)
    Congés supplémentaires pour fractionnement ou Issus de droits conventionnels Primes d'épargne salariale et retraite (Intéressement et Participation)
    Période de repos non pris (RTT) 13ème mois
    Heures de repos (suite à des heures supplémentaires) Heures supplémentaires majorées

    À l'initiative de l'employeur

    Selon l'accord CET
    En temps En argent
    Heures accomplies au-delà de la durée collective de travail applicable au sein de l’entreprise (suite à des heures supplémentaires) Abondement, seulement si l’accord collectif le prévoit

    Il est important de noter que l’accord collectif peut parfois prévoir un plafond global de jours de congé ou de sommes pouvant être accumulées sur un CET. Par exemple, certains accords fixent un plafond de 10 jours par an ou encore un plafond global de 50 jours cumulés.

    Ces limites visent à garantir un usage raisonnable du dispositif tout en prévenant l’accumulation excessive de passifs sociaux pour l’employeur.

    • Utiliser un CET : transformer les droits en véritable avantages

    Les droits acquis sur un CET peuvent être utilisées de différentes manières, toujours selon les modalités définies dans l’accord ou la convention collective applicable à l’entreprise.

    Le CET peut être utilisé dans les cas suivants :

    • Prendre des congés rémunérés
    • Anticiper un départ en retraite
    • Alimenter un plan d'épargne retraite

    Le CET permet, sous certaines conditions, de stocker des jours de congés ou de RTT et de les convertir plus tard (en repos, en argent ou pour financer la retraite). Toutefois, la loi interdit de monétiser les 30 jours légaux, pour éviter qu’un salarié renonce à ses congés minimums.

    En effet, en France, le Code du travail fixe un minimum légal de 30 jours ouvrables de congés payés par an. Ce droit est protégé, l’employeur ne peut pas remplacer ces jours par de l’argent, car ils sont considérés comme essentiels pour la santé et le repos du salarié.

    • Protection des droits CET en cas de défaillance de l’employeur

    Les droits acquis dans le cadre du CET sont garantis en cas de défaillance de l’employeur (liquidation, redressement judiciaire,…) par l'Association pour la garantie des salaires (AGS).

    Toutefois, le montant garanti par l’AGS est plafonné à 94 200 € par salarié, en 2025. Cela signifie que si un salarié a des droits dont la valeur monétaire est supérieure à ce montant, la partie excédentaire n’est pas couverte par l’AGS.

    Un dispositif complémentaire de garantie doit être prévu pour couvrir ce surplus.

    A noter : si l’entreprise n’a pas encore mis en place la garantie pour couvrir l’excédent, et que les droits d’un salarié, convertis en argent, atteignent le plafond AGS, alors l’entreprise doit payer immédiatement au salarié l’argent qui dépasse ce plafond.

    • Départ du salarié de l’entreprise : que deviennnent les droits ?

    La convention ou l'accord collectif qui institue le CET détermine les conditions de transfert des droits d'un employeur à un autre.

    Si l’accord ou la convention ne définit pas les modalités de transfert, le salarié peut :

    • Percevoir une indemnité correspondant à la conversion monétaire de l'ensemble des droits acquis
    • Demander la consignation auprès de la Caisse des dépôts et consignations de l'ensemble des droits acquis convertis en unités monétaires.

    Dans ce cas il peut demander :

    • Le transfert de tout ou partie des sommes consignées sur le CET ou un plan d'épargne salariale (PEE, PERCO, …) mis en place par son nouvel employeur (*)

      (*) À la demande du salarié bénéficiaire et selon les règles prévues par l'accord du CET ou les règlements des plans d'épargne.
    • Le paiement, à tout moment, de tout ou partie des sommes consignées.

    Les partenaires sociaux ont une grande liberté pour définir les éléments pouvant alimenter le CET et les usages possibles des droits accumulés. Cette souplesse permet d’adapter le dispositif aux besoins des salariés et de l’entreprise, tout en respectant le cadre légal.

    Mais quels sont les points clés auxquels les entreprises doivent rester attentives lors de la mise en place d’un CET ?

  2. 02

    Quelle est la recette gagnante pour mettre en place un CET efficace ?

    Infographie présentant 6 indispensables pour réussir la mise en place et la gestion du CET : description below

    anticiper le coût financier, gérer les risques liés aux absences, simplifier la gestion administrative, éviter les conflits, adapter l’accord aux évolutions et accompagner les salariés, menant à un accord CET maîtrisé.

    Les 6 ingrédients pour réussir la mise en place et la gestion du CET

    Pour qu'un accord CET soit efficace, bénéfique pour les salariés et maîtrisé par l'entreprise, il faut réunir plusieurs ingrédients clés.

    • Anticiper et maîtriser le coût financier
      Pour éviter une accumulation excessive et une dette importante de congés à payer en cas de départ, il est recommandé d’établir un plafond d’accumulation en limitant le nombre de jours pouvant être déposés sur le CET et de planifier les sorties de jours en encourageant les salariés à utiliser régulièrement leurs jours épargnés.
    • Gérer les risques d’organisation liés aux absences massives
      Pour préserver la continuité de l’activité, il est conseillé de coordonner les départs en congés liés au CET au moyen d’un calendrier validé par la direction, afin de répartir les absences sur l’année, et de limiter l’utilisation des jours CET pendant les périodes critiques, comme la haute saison ou les phases de forte activité.
    • Simplifier la gestion administrative
      Pour simplifier la gestion du dispositif, il est pertinent d’utiliser des outils numériques adaptés, tels qu’un logiciel RH ou un module spécifique permettant un suivi en temps réel et une traçabilité optimale, tout en veillant à former les équipes RH et les managers afin qu’ils maîtrisent pleinement les règles et puissent accompagner efficacement les salariés.
    • Éviter les conflits ou malentendus
      Pour instaurer un climat de confiance et éviter les litiges, il est essentiel de favoriser la transparence en informant régulièrement les salariés sur leur solde CET, les modalités d’utilisation et en répondant à leurs questions, tout en veillant à ce que les règles soient clairement précisées dans l’accord. En effet, plus les règles sont limpides, moins il y a de risques de litiges.
    • Adapter l’accord pour répondre aux évolutions
      Pour garantir la pertinence du dispositif dans le temps, il est important de revoir régulièrement l’accord afin d’intégrer les évolutions législatives et les enseignements tirés de sa mise en pratique, tout en conservant une certaine flexibilité dans les modalités d’utilisation, notamment en cas de situations exceptionnelles comme une crise, une pandémie ou un changement d’organisation.
    • Accompagner les salariés dans la gestion de leur CET
      Pour répondre aux besoins variés des salariés, il est utile de proposer des conseils personnalisés sur l’utilisation optimale de leur CET en fonction de leur situation (projet personnel, préparation à la retraite, besoins financiers, …) et de leur offrir des options diversifiées telles que des congés, une conversion en rémunération, une formation ou encore un passage en temps partiel.

      En appliquant ces bonnes pratiques, l’entreprise peut limiter les risques liés au CET, mieux maîtriser ses coûts et transformer ce dispositif en un véritable levier de motivation et de bien-être pour les salariés. Mais qu’en est-il de son utilisation concrète en France ?

  3. 03

    Comment le Compte Epargne Temps est-il déployé dans les entreprises françaises ?

    Lors d’une étude menée en 2022 (source : Dares), 8,6 % des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole ont déclaré proposer un CET à leurs salariés.

    Cette proportion varie selon la taille de l'entreprise :

Par ailleurs, les secteurs les plus enclins à proposer un CET sont les activités financières et d'assurance (26,1 %) et la fabrication de matériels de transport (24,5 %).

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces observations :

  • Complexité de mise en œuvre : la création d’un CET nécessite la négociation d’un accord ou d’une convention, une gestion administrative et comptable rigoureuse, ainsi qu’un suivi précis des droits acquis. Ces exigences peuvent représenter une charge importante, surtout pour les petites et moyennes entreprises (PME).
  • Connaissance et culture du dispositif : le CET reste un outil moins connu que d’autres avantages sociaux comme les RTT ou les primes. Certaines entreprises ne sont pas familières avec les modalités de son utilisation et ses bénéfices pour les salariés.
  • Risque de passif social non maîtrisé : sans un pilotage rigoureux (voir la « règle des 6 ingrédients »), les droits accumulés sur le CET peuvent générer des engagements financiers conséquents, parfois imprévus pour l’entreprise.

Pour vous aider à maîtriser ces enjeux, WTW vous accompagne dans l’évaluation de vos passifs sociaux : calcul des engagements CET, choix et justification des hypothèses actuarielles, analyse des impacts comptables et élaboration de reportings adaptés à vos besoins.

En résumé, le Compte Épargne Temps reste un outil flexible et précieux pour valoriser les droits des salariés et améliorer leur bien-être, tout en offrant aux entreprises un levier de motivation et de performance. Un suivi rigoureux et des règles bien définies permettent de limiter les coûts et de prévenir les risques liés aux passifs sociaux.

Aujourd’hui encore modérément répandu, notamment dans les PME, le CET démontre son intérêt lorsqu’il est correctement piloté. Le futur Compte Épargne Temps Universel (CETU), au stade de projet encore non ratifié, pourrait changer la donne en simplifiant la gestion des droits, en facilitant leur transférabilité entre entreprises et en offrant plus de flexibilité pour financer la retraite ou des projets personnels, rendant ce dispositif plus attractif et efficace pour tous.

Contacts


Directeur Solutions d’épargne d’entreprise Retraite et Epargne salariale
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Directrice Senior Retraite France
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Consultante Retraite France
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Samra Youssouf
Consultante Retraite France
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