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Comprendre le CET dans le secteur privé : les bases à connaître
- Mettre en place un CET : ce qu'il faut savoir
Le CET permet aux salariés d’une entreprise de stocker des périodes de congés ou de repos non prises, ainsi que certains types de rémunérations selon les modalités définies par la convention ou l'accord collectif qui l'a mis en place. Les droits accumulés peuvent ensuite être utilisés sous forme de congés payés ou de rémunérations, soit immédiatement, soit en différé.
La mise en place d’un CET se fait à la discrétion de l’employer et n’est pas une obligation légale.
Ce dispositif peut être mis en place par une convention ou un accord d'entreprise ou d'établissement ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche.
Le contenu de l’accord ou de la convention est élaboré conjointement par l’employeur et les partenaires sociaux et doit préciser :
- Les plafonds et conditions d’alimentation du CET, en temps ou en argent, à l’initiative du salarié ou de l’employeur
- Les modalités de gestion du CET au sein de l’entreprise
- Les règles d’utilisation, de liquidation et de transfert des droits en cas de changement d’employeur
Côté salarié, l'alimentation et l'utilisation du CET est facultative : il y dépose des droits uniquement s’il le souhaite.
Il est toutefois essentiel qu’il puisse accéder facilement aux conventions et accords qui en fixent les règles.
- Alimenter un CET : optimiser la constitution des droits
Le fonctionnement d’un CET diffère d’une entreprise à une autre, selon les règles prévues par l’accord ou la convention qui l’instaure. Les droits que le salarié y affecte peuvent prendre plusieurs formes (jours de congés non pris, primes, indemnités, …) en fonction de ce que prévoit cet accord ou cette convention.
Selon l'accord CET
| En temps |
En argent |
| 5ème semaine de congés annuels |
Primes d’épargne salariale et retraite (Intéressement et Participation) |
| Congés supplémentaires pour fractionnement ou Issus de droits conventionnels |
Primes d'épargne salariale et retraite (Intéressement et Participation) |
| Période de repos non pris (RTT) |
13ème mois |
| Heures de repos (suite à des heures supplémentaires) |
Heures supplémentaires majorées |
Selon l'accord CET
| En temps |
En argent |
| Heures accomplies au-delà de la durée collective de travail applicable au sein de l’entreprise (suite à des heures supplémentaires) |
Abondement, seulement si l’accord collectif le prévoit |
Il est important de noter que l’accord collectif peut parfois prévoir un plafond global de jours de congé ou de sommes pouvant être accumulées sur un CET. Par exemple, certains accords fixent un plafond de 10 jours par an ou encore un plafond global de 50 jours cumulés.
Ces limites visent à garantir un usage raisonnable du dispositif tout en prévenant l’accumulation excessive de passifs sociaux pour l’employeur.
- Utiliser un CET : transformer les droits en véritable avantages
Les droits acquis sur un CET peuvent être utilisées de différentes manières, toujours selon les modalités définies dans l’accord ou la convention collective applicable à l’entreprise.
Le CET peut être utilisé dans les cas suivants :
- Prendre des congés rémunérés
- Anticiper un départ en retraite
- Alimenter un plan d'épargne retraite
Le CET permet, sous certaines conditions, de stocker des jours de congés ou de RTT et de les convertir plus tard (en repos, en argent ou pour financer la retraite). Toutefois, la loi interdit de monétiser les 30 jours légaux, pour éviter qu’un salarié renonce à ses congés minimums.
En effet, en France, le Code du travail fixe un minimum légal de 30 jours ouvrables de congés payés par an. Ce droit est protégé, l’employeur ne peut pas remplacer ces jours par de l’argent, car ils sont considérés comme essentiels pour la santé et le repos du salarié.
- Protection des droits CET en cas de défaillance de l’employeur
Les droits acquis dans le cadre du CET sont garantis en cas de défaillance de l’employeur (liquidation, redressement judiciaire,…) par l'Association pour la garantie des salaires (AGS).
Toutefois, le montant garanti par l’AGS est plafonné à 94 200 € par salarié, en 2025. Cela signifie que si un salarié a des droits dont la valeur monétaire est supérieure à ce montant, la partie excédentaire n’est pas couverte par l’AGS.
Un dispositif complémentaire de garantie doit être prévu pour couvrir ce surplus.
A noter : si l’entreprise n’a pas encore mis en place la garantie pour couvrir l’excédent, et que les droits d’un salarié, convertis en argent, atteignent le plafond AGS, alors l’entreprise doit payer immédiatement au salarié l’argent qui dépasse ce plafond.
- Départ du salarié de l’entreprise : que deviennnent les droits ?
La convention ou l'accord collectif qui institue le CET détermine les conditions de transfert des droits d'un employeur à un autre.
Si l’accord ou la convention ne définit pas les modalités de transfert, le salarié peut :
- Percevoir une indemnité correspondant à la conversion monétaire de l'ensemble des droits acquis
- Demander la consignation auprès de la Caisse des dépôts et consignations de l'ensemble des droits acquis convertis en unités monétaires.
Dans ce cas il peut demander :