
La loi n°2023-22 d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (LOPMI) du 24 janvier 2023 introduit l’article L12-10-1 dans le code des assurances français au titre des règles relatives aux assurances de dommages dans un chapitre X dédié à l’assurance des risques de cyberattaques.
Article L12-10-1 du code des assurances :
« Le versement d'une somme en application de la clause d'un contrat d'assurance visant à indemniser un assuré des pertes et dommages causés par une atteinte à un système de traitement automatisé de données mentionnée aux articles 323-1 à 323-3-1 du code pénal est subordonné au dépôt d'une plainte de la victime auprès des autorités compétentes au plus tard soixante-douze heures après la connaissance de l'atteinte par la victime.
Le présent article s'applique uniquement aux personnes morales et aux personnes physiques dans le cadre de leur activité professionnelle. »
La portée de l’article L12-10-1 est conséquente et implique une vigilance toute particulière à compter du 24 avril 2023, date de son entrée en vigueur.
Le calcul du point de départ du délai de 72 heures :
L’article L12-10-1 retient que le délai court à partir du moment où la victime a connaissance de l’atteinte au système de traitement automatisé de données :
- C’est à l’assuré de démontrer qu’il a bien déposé plainte dans le délai de 72 heures dès la découverte du caractère malveillant de l’atteinte au système.
- La notion de connaissance est matérialisée dès lors qu’une personne de l’entreprise est avertie du caractère malveillant de l’atteinte au système d’information. Par exemple, si la Direction des Systèmes d’Information (DSI) est avertie lors des investigations sur le système que l’atteinte est malveillante mais omet de prévenir le directeur des risques et des assurances du groupe, le délai légal commencera néanmoins à courir.
- Dès lors, nous recommandons aux directions assurances ou toute direction en charge des assurances (direction juridique, direction financière, etc.) de sensibiliser leur DSI sur la nécessité de les avertir de toute atteinte malveillante entrant dans le champ d’application de la loi pour que le dépôt de plainte soit fait dans le délai.
- WTW recommande également de déposer plainte quels que soient le montant du sinistre ou le montant de la franchise applicable dans le contrat d’assurance.
Pour aller plus loin
Les équipes WTW restent mobilisées auprès de leurs clients pour leur apporter plus d’information sur l’impact de la loi LOPMI sur l’application de leurs contrats d’assurance, n'hésitez pas à nous contacter.
