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Bien-être numérique – l’impact de la digitalisation sur les assurés

Health and Benefits|Wellbeing
N/A

De Indra Diederichs et Reto Ebnöther | Mai 9, 2022

La digitalisation : malédiction et bénédiction à la fois

La digitalisation exerce irrémédiablement une influence sur notre société et nous constatons que presque aucun employeur n’assume son devoir d’assistance numérique. Les nouvelles méthodes de travail exigent une approche différente. L’utilisation de nouvelles technologies ouvre les frontières entre le travail et la sphère privée. Pour l’employé, cela présente l’avantage d’une plus grande flexibilité, mais aussi le risque de ne plus pouvoir décrocher. Les employeurs devraient donc veiller à ce que les temps de repos soient respectés et à ce que le temps passé devant l’écran n’augmente pas de manière démesurée. Une expérience collaborateur sans obstacles techniques peut également contribuer à utiliser efficacement le temps de travail et à éviter le stress et la frustration.

Les employeurs reconnaissent le besoin de s’adapter au numérique, mais les pratiques en matière de protection sont souvent intégrées de manière unilatérale

Des études récentes montrent que les employeurs en sont conscients. Ainsi, l’étude « Benefits Trends » menée récemment par WTW montre que 2 employeurs sur 5 souhaitent améliorer l’environnement technologique en ce qui concerne l’accès et le choix des prestations. Pour cela, des plateformes de communication numériques ciblées et accessibles en tout lieu et à tout moment s’imposent. Les travailleurs attendent cette flexibilité.

Les résultats de l'enquête 2021 sur les tendances en matière d'avantages sociaux montrent que 41 %
des employeurs prévoient d'améliorer les outils et la technologie pour aider les employés à choisir et à utiliser les avantages sociaux.
Tendance émergente : Outils et technologies de soutien

Mise en œuvre avec discernement, cette meilleure expérience collaborateur a un impact direct sur la perception de la marque de l’employeur et sur le recrutement et la fidélisation des talents.

Les résultats de l'enquête 2021 sur les tendances en matière d'avantages sociaux montrent que 53 %
des employeurs prévoient de se concentrer sur l'intégration du bien-être dans l'ensemble des avantages sociaux afin d'améliorer l'expérience des employés.
Objectif stratégique principal : Intégration du bien-être

Plus de la moitié des employeurs participant à l’étude « Benefits Trends » de WTW souhaitent par ailleurs améliorer l’expérience collaborateur au moyen d’une approche intégrée du bien-être. Cela semble d’autant plus nécessaire que, selon l’étude « People at Work » menée en 2021 par l’institut ADP, la part d’heures supplémentaires non rémunérées a augmenté de 7,3 à 9,2 heures par semaine dans le cadre de la pandémie par rapport à la période précédant son apparition. En Europe, la Suisse arrive en tête avec une moyenne de 7,9 heures par semaine.

Force est de constater que le bien-être n’est pas seulement un mot-clé de la pandémie. Notre bien-être à tous comprend quatre dimensions et a une influence directe sur notre vie privée et professionnelle. L’impression pour les collaborateurs de trouver un équilibre émotionnel, de disposer d’une sécurité financière et d’être socialement connectés et physiquement performants est la condition optimale pour un personnel engagé. La digitalisation joue un rôle contradictoire dans ce contexte.

Ainsi, le recours aux nouvelles technologies a non seulement une influence directe sur l’expérience collaborateur, mais aussi – tant positivement que négativement – sur notre santé. Les nouvelles technologies et les applications permettent aux collaborateurs d’accéder à diverses offres de santé qui peuvent couvrir les 4 dimensions. D’un autre côté, les employés passent de plus en plus de temps devant un écran, bougent moins et souffrent de plus en plus (en particulier en cas de télétravail) de conditions de travail non idéales en termes d’ergonomie. La digitalisation comporte par ailleurs le risque d’un manque de délimitation entre la vie privée et professionnelle ainsi que d’un isolement social.

Tandis que les employeurs tentent de minimiser les cyber-risques liés à la digitalisation dans l’environnement professionnel au moyen de formations, le risque de burn-out numérique des collaborateurs passe souvent inaperçu. Bien que selon les données dont dispose WTW, les valeurs de stress liées à la pandémie de Covid-19 soient en baisse après avoir initialement atteint des sommets, la communication avec les collaborateurs se poursuivra probablement de plus en plus par voie numérique – même si les pronostics actuels concernant l’évolution de la pandémie sont positifs. Pour l’employeur, outre certains frais administratifs réduits, cela implique moins d’entretiens personnels et le risque de perdre le contact et le sentiment de bien-être des collaborateurs. Les prises de contact régulières et des mesures telles que des enquêtes auprès des collaborateurs et des groupes de discussion virtuels permettent aux collaborateurs de se faire entendre, mais comment les employeurs peuvent-ils inciter leurs collaborateurs à faire régulièrement une pause ?

Pour faire la différence, les entreprises doivent veiller à ce que des limites et un comportement sain, soutenus par des mesures de bien-être appropriées, fassent partie intégrante de la culture de travail. Les cadres devraient également jouer un rôle de modèle et donner l’exemple d’un équilibre entre vie professionnelle et privée. Outre le respect de pauses régulières, cela implique par exemple une approche saine lors de la lecture, de l’envoi et des réponses aux e-mails professionnels. Le thème du travail et de la flexibilité devrait également être abordé et débattu explicitement au sein de l’équipe afin de rendre transparents les modèles de travail de chacun (p. ex. il travaille souvent une heure le soir parce qu’il s’occupe de ses enfants jusqu’à 9h) et de clarifier les attentes (p. ex. les e-mails doivent être traités dans les 2 jours ouvrables / pour les choses urgentes, il y a le téléphone / la messagerie). En outre, des ateliers sur le thème du stress peuvent aider à sensibiliser les cadres afin de faciliter l’identification et la gestion des collaborateurs menacés de burn-out. Il s’agit de fixer une norme pour l’auto-prise en charge. 

Auto-prise en charge : les employés sont également responsables

Même si les employeurs ont une grande influence sur le bien-être numérique, les employés devraient également être conscients de leur responsabilité personnelle. Selon la devise « Work smarter, not harder », les employés peuvent tirer profit de la technologie. Des moyens simples tels que le bon réglage des notifications permettent de réduire les interruptions qui empêchent de travailler efficacement.

Divers outils numériques comme des listes de tâches à accomplir peuvent également aider à organiser le travail quotidien et à respecter les temps de repos. Il est également recommandé d’éteindre et de fermer l’ordinateur portable avant le repas du soir. Cela réduit considérablement la tentation de finir rapidement quelque chose par la suite. Outre une utilisation judicieuse de la technologie, les collaborateurs devraient également passer un moment sans être devant un écran et le consacrer à des loisirs non numériques, comme des exercices de pleine conscience. Il faut apprendre à gérer les nouvelles conditions de travail. Même les collègues expérimentés doivent commencer par trouver leurs marques et reconnaître que la courbe d’apprentissage peut être abrupte et qu’il faut s’engager pour s’améliorer. Mais l’effort en vaut la peine car apprendre quelques nouvelles astuces permet soudain d’effectuer certaines tâches beaucoup plus efficacement.

La digitalisation : malédiction et bénédiction à la fois – à condition d’y avoir recours de manière responsable

Nous constatons inévitablement que la digitalisation représente à la fois une malédiction et une bénédiction pour notre société. En ce qui concerne l’environnement de travail ou les modèles de travail hybrides, de nouvelles responsabilités apparaissent. Les employeurs sont soumis à un devoir d’assistance numérique qui implique, outre un comportement exemplaire des cadres, un environnement de travail favorable. De plus, les entreprises doivent être conscientes du fait que le bon fonctionnement du matériel et des logiciels est encore plus important qu’avant la pandémie de Covid-19. Les employés, quant à eux, devraient être conscients de leur responsabilité personnelle et apprendre à utiliser la technologie dans l’intérêt de leur bien-être, tout en veillant à prévoir des moments hors ligne dans leur environnement social – dans l’esprit d’une « vie numérique plus consciente ». Déconnectez de temps en temps – restez en bonne santé.

Auteurs


Head of Health & Benefits Switzerland

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